A Cuges-les-Pins, le 23 janvier 2007, une réunion a été organisée dans le cadre des engagements de l’Association TGV et Développement Var - Nice - Côte d’Azur à faire partager au public les informations qu’elle posséderait concernant le projet de la LGV PACA, au fur et à mesure de l’avancement du projet. Le débat public, conformément à la loi Barnier de 1995, s’est tenu en 2005. Après les conclusions favorables de la CNDP, RFF a décidé de poursuivre le dossier en réalisant des études complémentaires d’une durée de 18 mois afin de préciser les performances, la faisabilité et les coûts des trois familles de tracés proposées lors de ce débat public.
« Ces études devraient ainsi permettre, à la fin du 1er semestre 2008, au Ministre en place de choisir le meilleur tracé en toute connaissance de cause, tracé qui devrait préserver l’intérêt général », a souligné M. Bernard Destrost en début de réunion. Ce dernier a aussi réaffirmé la position de l’ASEC : « l’association n’a jamais demandé une LGV, mais elle ne peut pas s’opposer à ce projet inscrit dans un développement durable et tourné vers l’Europe. Elle se veut vigilante sur les tracés ». « Pas n’importe où et pas à n’importe quel prix et puis, peut-on refuser aux Niçois la possibilité d’accéder à la grande vitesse alors que nous, nous l’avons déjà », rappelle-t-il.
Au cours de cette réunion, l’Association TGV et Développement a rappelé que les études complémentaires de RFF portaient sur les trois familles de tracés, malgré les fortes pressions des concepteurs du tracé des Métropoles pour que ces études ne se concentrent que sur leur projet Marseille centre – Toulon – La Garde.
Il a été aussi rappelé que RFF poursuivait actuellement un dialogue permanent et volontaire avec le public et les associations. Dialogue qui s’articule autour de différentes instances :
Le groupe des acteurs (associations, collectivités, institutions et citoyens) afin de les informer sur l’avancement du projet.
Le secrétariat technique, composé des financeurs et de quatre associations dont l’ Association TGV et Développement, chargé de coordonner les travaux de tous les ateliers thématiques.
Les quatre groupes thématiques dont le rôle est d’anticiper et de limiter les impacts d’un tel projet.
Le groupe thématique « milieu humain » travaille notamment sur les nuisances sonores qui représentent une préoccupation majoritaire. Sur ce point, M.Jean-Claude Sappa, Secrétaire de l’Association, a présenté plusieurs documents sur le bruit.
Le groupe thématique « agriculture et viticulture » travaille sur les impacts de ce projet sur le monde agricole.
Le groupe thématique « biodiversité et milieu naturel » quant à lui, travaille sur les impacts du projet sur l’eau et les zones et les espèces protégées.
Enfin le groupe thématique « aménagement du territoire » travaille sur l’importance des effets du projet sur l’aménagement du territoire en fonction des tracés choisis.
M. Alain Patouillard, Président de l’Association, a aussi rappelé que la communauté d’agglomérations Marseille Provence Métropole (MPM) souhaitait que la ligne passe par Marseille centre. Elle a ainsi, fait réaliser une étude conduisant à l’implantation d’une deuxième gare TGV sous la gare actuelle de Marseille Saint-Charles ou sous celle de la Blancarde. Cette proposition peut paraître légitime, mais il semblerait qu’elle relève plus d’une volonté politique de faire de Marseille le centre de PACA que d’une réelle volonté de faire une politique régionale. Une telle proposition aurait dû être accompagnée d’une réflexion d’ensemble sur les possibilités d’accueil dans les quartiers de Marseille Saint-Charles ou de Marseille Blancarde. Si la gare TGV de Lille Europe, située en plein cœur de ville, est un exemple particulier, c’est bien parce que la ville avait anticipé cette situation par une maîtrise du foncier. Ce n’est pas le cas pour Marseille.
A ces propos, M. Christian Pellicani, Conseiller communautaire, rajoute que le débat de la LGV devrait être élargi au-delà de la ville de Marseille, car son développement économique ne se trouve plus en son centre, mais au centre de la Communauté des communes. C’est l’ensemble des Bouches-du-Rhône qu’il faudrait aménager, et non uniquement Marseille. Il faudrait que cette ligne nouvelle conduise au développement de l’ensemble de la région PACA sans pour autant pénaliser la cité phocéenne. L’essentiel reposant sur un maillage du réseau ferroviaire pour éviter l’usage de la voiture tout en facilitant son inscription dans l’Arc Méditerranéen, une nécessité vitale pour le développement de PACA.
Le représentant de M. Alain Belviso, Président de la Communauté du Pays d’Aubagne et de l’Etoile, a lui aussi rajouté que construire une deuxième gare TGV à Marseille centre n’accroîtra pas son poids dans l’Arc Méditerranéen, compte tenu que cette ville est actuellement industriellement laissée à l’abandon. Le rapport de MPM est muet sur le sujet.
Quant à M. Gilles Aicardi, Maire de Cuges, il souhaite fortement que le débranchement de cette ligne nouvelle Nice se fasse à Aix TGV, qui sera, selon lui, le futur centre de l’aire métropolitaine marseillaise et qui devrait être le seul moyen pour pouvoir rivaliser avec Turin et Barcelone. Concernant le passage par Cuges, il est convaincu que le problème fondamental est celui de sa géologie et de l’écoulement pluvial.
Egalement présents lors de cette réunion, les géologues M. Claude Rousset et M. Ion Argyriadis exposent leur avis sur le passage de la LGV par Cuges. Selon un de ces géologues, demander que la ligne nouvelle passe par Cuges relève de l’incompétence, car la géologie de ce territoire est trop complexe. Les gypses, calcaires calcifiés, argiles gonflantes et les discontinuités poseraient de sérieux problèmes et le surcoût serait considérable. Selon lui, des études géologiques sérieuses s’imposent. Par contre, si le choix du tracé se portait sur celui du passage par le centre Var, ce serait très intéressant, car on dispose déjà d’une bonne connaissance des terrains.
Le nombre élevé de participants à cette réunion du 23 janvier reflète l’intérêt que suscite le projet de la LGV PACA. Quelques personnes ont bien essayé de remettre en cause le projet lui-même, mais cela a entraîné une réponse claire et ferme de M. Aicardi reprenant l’opportunité de ce projet sans pour autant qu’il soit d’accord sur certains tracés. Un autre participant se dit étonné que l’on puisse encore remettre en cause le transport ferroviaire TGV après la réussite du TGV Méditerranée et rappelle que la décision de ne pas réaliser la branche Côte d’Azur de la ligne TGV Méditerranée en 1992 avait été une erreur considérable que l’on va payer très cher aujourd’hui. D’autres personnes se sont déclarées inquiètes des coûts annoncés et particulièrement pour le tracé Marseille centre – Toulon – La Garde que tentent d’imposer MPM et TPM, en tant que contribuables régionaux. En effet, le montant élevé des investissements pour ce projet qui n’est pas réalisé que pour les Provençaux est inquiétant si cette somme ne relève que du seul financement des Collectivités régionales, la responsabilité nationale est obligatoirement engagée, le Transport devant être considéré comme la Défense ou l’Enseignement.
Notre avis : très bonne tenue de la réunion et forte participation du public.
Document établi par Sandra Pasero
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