Accueil | Qui sommes-nous ? | L'équipe | Contacts | Plan du site
 

Des experts tirent la sonnette d'alarme sur la préservation des océans


La sécurité alimentaire de millions de personnes est menacée par la surpêche, le changement climatique et la pollution qui s'abattent les océans, ont mis en garde des experts réunis à Hanoï la fin de semaine dernière.

Les poissons disparaissent, des eaux de plus en plus chaudes décolorent les barrières de corail et leur niveau de plus en plus haut pourrait à terme menacer des zones côtières du Bangladesh à New York, ont-ils expliqué cette semaine lors d'une conférence mondiale sur les océans, les côtes et les îles.

Selon ces experts gouvernementaux, universitaires ou encore membres d'organisation de défense de l'environnement, les mers et océans qui recouvrent les deux-tiers de la planète lui fournissent le cinquième de ses protéines.

Mais, d'après l'organisation des Nations unies pour l'Agriculture et l'Alimentation (FAO), les trois quarts des stocks de poissons sont exploités à la limite de leurs capacités, sur-exploités, ou complètement épuisés.

«Il y a une course à la pêche, à l'heure actuelle (même) dans des zones sauvages de capture, on ne peut plus rien attraper», a souligné Steven Murawski, conseiller scientifique en chef pour la pêche à l'administration océanique et atmosphérique nationale des États-Unis.

«Il y a trop de bateaux de pêche qui prennent trop de poissons, ce qui empêche aux stocks de se reconstituer», a renchéri Frazer McGilbert, de l'association Conservation international.

La pêche à la morue s'est effondrée dans l'Atlantique nord dans les années 90. Précédemment, l'anchois avait disparu des côtes chiliennes, le hareng d'Islande et la sardine de Californie.

Près des deux tiers des océans échappent à toute juridiction nationale, ce qui rend difficile un consensus sur la lutte contre la pêche illégale. «C'est le Far West», résume Peter Neill, chef de l'observatoire mondial des océans.

Très peu de bateaux sont en cause «mais ils disposent d'une technologie qui leur permet de pêcher des quantités énormes de poisson», poursuit-il. «Ils prennent seulement les produits très commerciaux et rejettent les prises collatérales. C'est un gâchis énorme».

Le changement climatique, en plus de faire fondre les glaces et d'intensifier les phénomènes de tempête, affecte aussi les écosystèmes marins.

«Nous voyons que le nombre de poissons fluctue au rythme des variations climatiques», souligne Steven Murawski.

Selon lui, le changement climatique a aussi un autre effet: les océans captent un quart des émissions de gaz carbonique de l'Homme, ce qui les rend plus acides, pour le plus grand péril des palourdes, crevettes et autres coquillages.

La pollution exerce déjà une pression énorme sur les océans, poursuit Ellik Adler, expert pour le Programme des Nations unies pour l'Environnement qui déplore tous les déchets «non traités d'égoûts, d'usine, de raffineries, d'industries pétrolière» qui se déversent en environnement marin.

Une idée intéresse cependant les experts: créer un réseau mondial de zones maritimes protégées. «La grande question maintenant c'est de savoir s'il est possible de fermer des zones en haute mer où se trouvent les grandes pêcheries commerciales», confie Sue Wells, une consultante qui a travaillé sur la côte africaine est.

«Il faut que les pays se mettent d'accord», poursuit-elle. Mais «certains pays développés ont déjà fermé certaines zones et la plupart des pays côtiers y pensent désormais aussi».
© 2008 Enviro2B - Tous droits réservés

 

Frank Zeller
Agence France-Presse - Hanoi

les fondamentaux
developpement durable
l'economique
culture
tourisme, loisirs et sports
société
education et formation
santé, sanitaire et social
médias

 

agenda


liens