Accueil | Qui sommes-nous ? | L'équipe | Contacts | Plan du site
 
Parce que participer c’est déjà agir ! TS MEDIAS était présent !


 

 

 

L'économie solidaire, késako?

Le manifeste de l'économie solidaire

L'entreprise solidaire a des atouts pour séduire

Les chiffres clés en 2005

Les portraits des intervenants du meeting

Intervention d'Edmond Maire

Intervention de Claude Alphandéry

Intervention de Christian Sautter


Mais l'économie solidaire, késako?

D’abord une économie qui a du sens:
L’économie solidaire est un mouvement qui regroupe des milliers d’initiatives locales pour produire, consommer, employer, épargner et décider autrement. Produisant à la fois de la valeur ajoutée marchande et de la valeur sociale, c’est une économie de proximité en pleine expansion.

A quoi reconnaît-on une entreprise solidaire ?
> Utilité sociale 
L’entreprise doit poursuivre un objectif d’intérêt général et exercer son activité selon des modalités spécifiques (emploi de personnes en difficulté, activités à but non lucratif…).
Exemples d’activités d’utilité sociale
Prévention de l’exclusion sociale, de l’insécurité, de l’isolement ;
Protection de l’environnement ou du patrimoine ;
Diffusion de biens et services culturels auprès de publics n’y ayant pas spontanément accès.
Attention: Tout secteur d’action socio-économique, qu’il s’agisse de la santé, de la formation, de la culture, de la protection de l’environnement, peut donner lieu à des activités d’utilité sociale. Une entreprise intervenant dans un secteur économique traditionnel peut elle-même présenter une utilité sociale forte en contribuant à l’insertion des personnes en difficulté.
> Activité économique
L’entreprise produit des biens ou services qui génèrent des ressources, condition indispensable à son équilibre économique, et lui confèrent une certaine autonomie de gestion.
Attention: Les entreprises d’économie solidaire se caractérisent souvent par le caractère hybride de leurs ressources : du fait de leur dimension d’utilité sociale, elles n’atteignent pas forcément un équilibre économique par la seule vente de leurs produits ou prestations.
> Création ou consolidation d’emplois
Une entreprise solidaire est une entreprise qui crée et/ou consolide des emplois pour des personnes en situation d’exclusion ou en risque de l’être, en veillant à la qualification et à la professionnalisation de ses salariés, ainsi qu’à la pérennité de leurs emplois.
Attention: L’économie solidaire crée ou consolide des emplois à l’échelle locale : ces emplois ne peuvent être délocalisés.


IMPORTANT : Un statut reconnu par une procédure gouvernementale
Une procédure d’agrément gouvernementale a été mise en place en 2001.  Le préfet de département délivre l’agrément aux entreprises qui relèvent de sa compétence géographique : à la fin de l’année 2005, ce sont 261 entreprises qui bénéficiaient officiellement du statut d’« entreprises solidaires ». Seules les entreprises non cotées sur le marché boursier peuvent y prétendre. Cette reconnaissance permet ainsi à l'entreprise agréée de bénéficier de fonds solidaires gérés par des sociétés spécialisées dans l'épargne salariale.


Quels critères sont pris en compte pour délivrer un agrément « entreprise solidaire »?
Le secteur:
Aide à la personne, services de proximité, développement durable, commerce équitable, logement social, environnement…
Le statut:
Coopératives, mutuelles, associations…
Les modalités de fonctionnement:
Election (directe ou indirecte) des dirigeants par les salariés, les adhérents ou les sociétaires ; 1/3 du personnel est issu des emplois jeunes ou est constitué de personnes en situation d’exclusion ou reconnues comme personnes handicapées.

 

Le manifeste de l’économie solidaire, un texte fédérateur au-delà de cette réunion, à la veille de l’élection présidentielles, un collectif d’une vingtaine de personnalités engagées a décidé de lancer un appel au grand public en publiant le 22 septembre dernier un texte qui établit 10 propositions pour développer une économie qui a du sens.

Vous pouvez lire l’intégralité du manifeste sur notre site, ou rendez-vous sur www.sinvestir.org

 

 

L'association France Active créée en 1988 est un acteur majeur de l'économie solidaire. Luttant contre l'exclusion bancaire, elle finance et accompagne à ce jour 92% des entreprises solidaires en France, permettant ainsi la création d'emplois pour des personnes en difficulté.
France Active peut aujourd'hui sensiviliser l'opinion et les pouvoirs publics au thème de l'économie solidaire et notamment à l'insertions pour l'activité économique.
Plus d'infos sur www.franceactive.org

 

 

L’entreprise solidaire a des atouts pour séduire

Si elle n’a pas la visibilité du CAC 40 et reste encore trop peu connue du grand public, l’économie solidaire dispose pourtant de sérieux avantages :

  • Elle encourage la création d’emplois de proximité non « délocalisables » ;
  • Elle emploie à ce jour en France plus de 500 000 salariés que ne recrutent ni le secteur public ni le secteur privé 
  • Elle répond à des besoins d’utilité sociale, non satisfaits par l’économie classique faute de rentabilité suffisante ;
  • Elle permet à ceux qui recevaient des revenus d’assistance de devenir des producteurs de richesses : tout démontre que le soutien à l’économie solidaire est un investissement rentable pour les finances publiques;
  • Elle favorise l’insertion des personnes exclues ou en risque d’exclusion en employant plus particulièrement des travailleurs handicapés, des personnes sortant de prison…

 

Les chiffres clés de l’économie solidaire en 2005

France Active a financé 92% des entreprises solidaires en 2005. Selon une étude qu’elle a menée sur un échantillon de 610 entreprises solidaires financées depuis 2003 :

  • Les activités associatives, culturelles et sportives représentent le premier secteur d’activité, soit 38% des entreprises solidaires financées.
  • Près de 70% des entreprises solidaires financées ont un statut de type associatif.
  • Le taux de financement public varie selon une fourchette très large allant de 10% (associations intermédiaires, foyers de jeunes travailleurs) à 90% (chantiers d’insertion, centres d’aide par le travail) des ressources totales de l’entreprise.
  • 77% des entreprises financées ont mis en place un plan de financement supérieur à 50 000 euros en 2005.
  • Enfin, les postes d’insertion crées ou consolidés concernent 25% des emplois.

Selon cette étude, l’économie solidaire emploierait chaque année en France plus de 816 000 salariés,soit au minimum 2.95% de la population active totale.

Retrouvez l’intégralité de l’étude sur le profil des entreprises solidaires en France en 2005,
sur www.sinvestir.org, rubrique « Presse »

 

Les porte-parole:

Edmond Maire, Président de la Société d’Investissement France Active
Ancien Secrétaire Général de la CFDT et ancien Président de VVF, Edmond Maire est aujourd’hui Président de la Société d’Investissement France Active.

 

 

Claude Alphandéry, Président du Conseil National de l’Insertion par l’Activité Economique
D’une résistance à l’autre, l’action militante de Claude Alphandéry s’est souvent déplacée. Président du Comité de Libération de la Drôme en 1944, il préside aujourd’hui le Conseil National de l’Insertion par l’Activité Economique. Il a aussi présidé pendant dix ans France Active dont il est toujours un des animateurs.


Mais aussi ...

Martin Hirsch, Président d’EMMAUS France
Ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure et de l'Ecole Nationale d'Administration. Conseiller d'Etat, directeur de cabinet de Bernard Kouchner et directeur général de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, Martin Hirsch est Président d'Emmaüs France depuis 2002. Il vient de créer l’agence nouvelle des Solidarités Actives pour mettre en œuvre des expérimentations locales dans le domaine social.

 

Jean-Baptiste de Foucauld, Président de Solidarités Nouvelles face au chômage
Ancien élève de l'Ecole Nationale d’Administration, fonctionnaire, Jean-Baptiste de Foucauld a fait parti du cabinet de Jacques Delors, alors ministre de l'économie et des finances de 1982 à 1984 ; il a ensuite été commissaire adjoint, puis commissaire au plan (1988-1995); il préside depuis 1985 l'association Solidarités nouvelles face au chômage et depuis 2002 l'association Démocratie et Spiritualité.

 

Christian Sautter, Président de France Active
Ancien ministre. Christian Sautter est Président de l’association France Active et de la Société France Active Garantie depuis 2001.

 

 

Philippe Lemoine, Président de Forum d'Action Modernités
Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, et d’études supérieures d’économie, Philippe Lemoine a été membre de différents cabinets ministériels avant de rejoindre le monde de l’entreprise. Aujourd’hui il est Président-directeur général de LASER. Il est par ailleurs membre de la CNIL et mène une réflexion sociétale sur le renouvellement de l’idée de modernité à travers le Forum d’Action Modernités qu’il préside.

 

Jean-Louis Laville, Professeur, CNAM – CNRS
Jean-Louis Laville est le premier à avoir abordé avec Bernard Eme la question de l’économie solidaire dans les écrits francophones contemporains. Il est professeur au CNAM, titulaire de la Chaire Relations de service et co-directeur du Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (LISE, CNRS-CNAM). Dans le "Dictionnaire de l'autre économie" une rubrique est consacrée à la définition de l'économie solidaire.

 

 

DEVELOPPER L’ECONOMIE SOLIDAIRE

Merci à ceux qui ont préparé ce meeting, merci aux intervenants qui nous ont fait partager leurs convictions, merci à vous tous, et d’abord à ceux venus de loin. Et merci à Sophie MASSIEU-GUITOUNE, notre excellente animatrice.

Tous ici, au-delà de nos diversités, nous avons la même ambition : mettre en œuvre les dix propositions du Manifeste, développer en grand l’économie solidaire.
L’utopie est belle, mais est-elle réaliste ? Ou va-t-elle rejoindre le grand cimetière des illusions perdues ?


N’éludons pas la difficulté. Pour réussir, il faut réunir deux conditions :


La première est le respect d’une exigence personnelle et collective : établir un lien étroit entre ce que nous faisons et notre perspective.
Seuls le sens et la qualité de notre action quotidienne sont déterminants pour rendre crédible l’économie solidaire que nous voulons. La fin est dans les moyens. Sinon la perspective n’est qu’un trompe-l’œil. C’est le legs que nous ont laissé les deux principales traditions où s’enracine l’économie solidaire : celle du mouvement ouvrier et celle de l’économie sociale.
Ainsi Charles GIDE, dirigeant historique du mouvement coopératif français, considérait qu’ « une coopération émancipatrice était une structure d’apprentissage de la démocratie et de l’efficacité économique. »
Et Fernand PELLOUTIER, l’âme du syndicalisme au temps de la charte d’Amiens, secrétaire de la Fédération des Bourses du Travail, appelait les militants à être « les amants passionnés de la culture de soi-même », et « à poursuivre plus obstinément que jamais l’œuvre d’éducation morale, administrative et technique nécessaire à la viabilité d’une société d’hommes libres ».
On le voit, chacun de nous est appelé à une démarche exigeante, portée par nos valeurs communes: Pour construire une économie solidaire, il n’y a pas d’échappatoire : retroussons nos manches et traduisons dans les faits les propositions du Manifeste.


Et la deuxième condition ?
Il s’agit bien sûr du « nerf de la guerre ». Où trouver les ressources nécessaires pour financer les entreprises solidaires, au-delà des limites que nous connaissons trop ?
Eh bien, nous pouvons l’affirmer aujourd’hui, l’économie solidaire bénéficie d’une formidable opportunité, l’épargne salariale solidaire, dont 5 à 10 % sont obligatoirement investis dans les entreprises solidaires. Cet atout majeur a beaucoup compté dans notre décision de lancer le Manifeste, qui appelle les syndicalistes, et les DRH, à proposer dans toutes les entreprises des fonds salariaux solidaires.
Ces fonds commencent tout juste à prendre leur essor. Sur un total de 1800 fonds salariaux, seuls 40 sont solidaires. Mais déjà leur quote-part solidaire représentait au 30 Juin dernier 20 millions d’euros, obligatoirement investis dans les entreprises solidaires. Nous estimons que dans 5 ans cette capacité d’investissement solidaire sera décuplée et atteindra au moins 200 millions d’euros.
Et il est possible de faire mieux. A France Active nous affinons des propositions pour améliorer la réglementation et la diffusion de l’épargne salariale solidaire. Nous en saisirons immédiatement le gouvernement mis en place après l’élection présidentielle.
Notre confiance dans l’avenir des fonds salariaux solidaires tient aussi au bon accueil que leur font les salariés quand ils sont clairement informés que, pour une légère atténuation du rendement de leur placement, ils vont permettre le retour à l’emploi d’un chômeur de longue durée ou l’accès au logement d’une personne démunie.


Je voudrais maintenant situer l’initiative qui nous rassemble dans son contexte historique :

Depuis les débuts de l’ère industrielle, les hommes et les femmes n’ont cessé de lutter pour améliorer leurs conditions de vie et leurs espaces de liberté. Par l’action du mouvement ouvrier, par les réalisations solidaires des mutuelles et des Bourses de travail, par un siècle de progrès sociaux, durement conquis, ils ont fait progresser de façon extraordinaire les conditions de travail et les droits individuels et collectifs.
Mais la marche en avant semble interrompue. Face à la domination des marchés financiers sur les activités humaines, face au chômage persistant, aux banlieues en péril, à l’Afrique condamnée au sous-développement, à l’écroulement des grandes idéologies messianiques, les perspectives de progrès social se sont affadies. Le scepticisme règne.

Et pourtant, sans tapage, des raisons d’espérer sont apparues peu à peu. Des milliers de petites innovations ont fait surgir une nouvelle approche, une nouvelle ambition traduite dans le Manifeste. Il ne s’agit pas d’opposer une alternative globale à l’économie de marché, l’économie administrée a engendré suffisamment de drames.

Mais il s’agit d’un appel à un nouvel élan, qui tire les leçons de notre expérience collective et montre la possibilité de créer, bien plus largement, des activités économiques de grande utilité sociale et créatrices d’emplois, délaissées par les investisseurs classiques.
Il s’agit donc de proposer des perspectives crédibles de transformation sociale, de redonner moral et combativité aux citoyens qui doutent de l’issue de leur combat pour la justice. Pour cela des initiatives multiples prolongeront notre rassemblement dans les régions de France.

L’économie solidaire est née des initiatives de la société civile. Elle ne se laisse enfermer dans aucune limite juridique prédéfinie, dans aucun camp politique.
Notre Manifeste va au-delà des clivages traditionnels. Il est porteur d’intérêt général. Il en appelle aux forces politiques, aux élus, aux candidats à l’élection présidentielle pour qu’ils participent à leur manière au combat qui nous réunit. Ce que nous attendons d’eux : Qu’ils s’engagent, tout simplement.

Il est temps de conclure : L’économie solidaire répond à l’aspiration irrépressible des femmes et des hommes à participer directement à la construction d’une société plus humaine.
Elle est forte d’une double démonstration  dont les entreprises solidaires apportent la preuve :
Non, l’argent, la recherche du profit, n’est pas le seul moteur de l’économie.
Oui, la solidarité est un moteur économique puissant, une force en mouvement qui donne à l’économie toute sa valeur, à la démocratie tout son sens.
C’est le message de confiance que nous adressons aux laissés-pour-compte de l’individualisme marchand, comme à tous ceux qui veulent humaniser le développement économique.
Nous nous sentons ce soir en résonance directe avec tous les acteurs de terrain mobilisés pour faire vivre et grandir l’économie solidaire.
Alors annonçons- le fièrement et prenons l’engagement d’en apporter chaque jour une preuve supplémentaire : la force créatrice de la solidarité, le mouvement qui l’inscrit dans l’économie a les couleurs de l’espérance.


Bonne réussite, Bonsoir. Merci.


Edmond Maire,
Président de la Société d’Investissement France Active (SIFA)

 

LA GENESE DE L’ECONOMIE SOLIDAIRE

1.Voici donc une entreprise qui produit des services liés au fleuve et à ses riverains et qui le fait en recrutant et accompagnant des jeunes en situation d’exclusion.

2.Elle va plus loin encore ; elle est un « passeur » qui invite au rapprochement des hommes et au respect de l’environnement.

3.Nombreuses sont les entreprises et associations qui ont une démarche semblable, qui conjuguent économie et solidarité : Elles se situent dans la filiation du mouvement ouvrier et de l’économie sociale dont elles partagent l’aspiration à une société soucieuse de l’homme, de ses droits, de sa 1.dignité, de sa capacité de se faire entendre. Allant plus loin dans le contexte actuel, elles s’attaquent directement aux effets de précarité, d’inégalités, d’exclusion d’une économie obsédée par le profit financier. Ce qui conduit ces entreprises à produire autrement : Reconstituer des liens avec leurs salariés, leurs usagers, leurs clients, leur environnement, inventer de nouvelles formes d’organisation, de formation, de participation démocratique, créer des activités innovantes souvent ignorées par les autres entreprises : services de proximité et de médiation, boutiques solidaires, commerce équitable, groupements agriculteurs – consommateurs, éducation populaire, insertion par l’activité économique, protection de l’environnement…et bien d’autres représentées ici dans leur diversité.

4.Il existe des dizaines de milliers d’initiatives de ce type qui portent des centaines de milliers d’emplois. D’expérience, à France Active pour en soutenir un très grand nombre, nous savons qu’elles se développent bien, qu’elles ont un taux de réussite largement supérieur à la moyenne, dès lors qu’un suivi spécifique les accompagne.

5.Mais elles restent dispersées, marginalisées sur leur territoire. Les média les ignorent ou en méconnaissent la portée. Nous avons voulu par le manifeste de l’économie solidaire braquer les projecteurs sur ces initiatives, sur leur place dans l’économie d’ensemble, montrer qu’elles constituent un vaste secteur, un tiers secteur entre l’économie de marché et l’économie administrée, hétérogène certes mais constituant un mouvement collectif de transformation de la société.

6.Il nous fallait pour cela réunir tous les tenants de l’économie solidaire : Une première équipe composée à l’initiative de France Active, de responsables associatifs, d’universitaires, de syndicalistes, de chefs d’entreprise a été rejointe par des milliers de signataires de toutes origines, des dizaines de milliers si l’on prend en compte les associations qui ont adhéré collectivement

7.Ce vaste rassemblement est de nature à donner à tous les porteurs d’initiatives le sentiment d’être reconnu, conscience de la portée de leur action, confiance dans leur capacité d’agir.

8.Il vise à mobiliser l’opinion, à créer un élan collectif, à multiplier les projets, à élever leur efficacité, à changer d’échelle, à donner à ce tiers secteur une place entière dans l’économie.

9.Dix propositions tendent à mobiliser à cet effet tous les acteurs sociaux. Elargies, approfondies au cours de ce meeting, elles seront demain soumises au débat public ; elles feront l’objet de questions, d’intenses discussions sur le terrain.

10.Et tout d’abord sur les ressources nécessaires aux entreprises solidaires pour répondre à des demandes sociales généralement peu solvables ; elles sont mixtes ; elles combinent un chiffres d’affaires souvent insuffisant sur le marché avec des aides publiques, des concours financiers solidaires et, ne l’oublions pas, de précieux soutiens bénévoles. Nous aurons à examiner, à affiner, à tester nombres de propositions (concernant par exemple les marchés publics, l’épargne, les banques…) pour assurer le développement de ces ressources et leur régularité.

11.Encore faut-il mobiliser citoyens, épargnants, élus, partenaires socio-économiques, les inciter à donner priorité aux activités de ce type. Nous devrons pour les convaincre rendre visibles ces activités, évidentes leur valeur éthique et leur efficacité, mesurer, je dis bien mesurer leur impact sur l’emploi, la cohésion sociale, l’environnement, montrer qu’elles évitent des désordres, des injustices, des coûts de réparations exorbitants pour la société.

12.Nous nous demanderons aussi comment, dans une économie dominée par les finances et les média, développer aux côtés d’entreprises de haute technologie, de forte productivité des activités 1.qui pour être écologiques et solidaires ont d’autres modes de production, de qualification et de productivité. Saurons-nous rendre complémentaires les deux secteurs, rejeter, malgré les pressions du marketing, l’attrait prévalent de biens et services somptuaires et polluants (clim d’enfer, terrasses de cafés chauffées au gaz, fraises servies en hiver…) et rechercher plutôt des richesses fortes d’un développement humain et durable (services de prévention, agriculture maîtrisée, énergies renouvelables…). C’est un débat dérangeant, qui interroge tout un chacun. C’est un projet un projet de société qui fonde l’économie solidaire.

13.Un débat du même ordre s’exprimait pendant les années noires et stimulantes de l’occupation : Permettez, avant de conclure, à l’ancien combattant-militant que je suis, de rappeler, de se référer à l’état d’esprit des résistants d’alors. Nous voulions d’abord chasser l’envahisseur. Mais entre deux coups de mains contre l’ennemi, nous discutions ferme de l’avenir de la France, du programme qui devait être celui de Conseil national de la Résistance : Services publics pour tous, sécurité sociale, fiscalité redistributive. Aujourd’hui les entreprises solidaires sont à leur tour des maquis, des ilots de résistance. Elles luttent au premier chef contre l’exclusion, contre de nouvelles formes d’oppression. Et simultanément, elles jettent les bases d’une société plus riche d’expériences citoyennes et de solidarité. Leur objectif est plus que jamais la réduction des inégalités pour une redistribution équitable, mais elles visent aussi non seulement à répartir mais à produire autrement. C’est là un long combat qui demande la mobilisation de l’opinion tout entière.

14.La Mutualité, lieu symbolique des luttes sociales est une étape importante de ce combat.

Claude Alphandéry

 

AGIR POUR L’ECONOMIE SOLIDAIRE

L’économie solidaire vient de loin, et elle ira loin si nous le voulons.
Elle vient du refus d’un système où l’argent prime l’homme, où la courte vue sacrifie le long terme, où le sacro-saint individualisme l’emporte sur le vivre-ensemble.
Elle vient de l’esprit de résistance qu’a si bien décrit Claude Alphandéry.
Elle vient de la longue tradition de l’économie sociale, qui a vu se regrouper en mutuelles, en coopératives, en associations ceux qui étaient victimes de la première révolution industrielle
Elle vient aussi de la longue tradition du syndicalisme, qui a voulu unir les travailleurs dans les entreprises, pour mieux faire valoir leurs droits à un revenu décent, à des conditions de travail dignes, à une protection sociale contre les grands risques de la vie.
L’économie solidaire vient enfin de cette longue tradition politique qui a toujours été convaincue que l'État ne pouvait, à lui seul, résoudre tous les problèmes de l’économie et de la société.

Fille de longues traditions, l’économie solidaire s’est récemment développée pour affronter des problèmes nouveaux que ni État ni le marché ne savaient résoudre.
La nouvelle croissance laisse au bord de la route tant d’hommes et de femmes. Les politiques se résignent trop souvent à ce sous-emploi incompressible et mettent en place des dispositifs d’assistance à vie. Nous, les acteurs de l’économie solidaire, nous savons qu’il n’y a pas de fatalité. Nous savons que la très grande majorité des exclus de l’emploi veulent s’en sortir. Nous savons qu’ils ont besoin d’être accompagnés pour reprendre confiance en eux-mêmes. Nous savons que des entreprises solidaires leur permettent la transition difficile entre l’exclusion et l’emploi classique. Ces entreprises associatives, dites de l’insertion par l’activité économique, travaillent dans des domaines divers. Mais elles partagent les valeurs fondamentales de l’économie solidaire : la solidarité et l’utilité. Utilité humaine, utilité économique, utilité sociale ; en résumé : utilité publique.

Les services aux personnes âgées, aux handicapés, aux familles sont un autre domaine d’expansion de l’économie solidaire. Les personnes ayant des revenus confortables ont accès à des services assurés par des entreprises à but lucratif et, de plus, l’État leur en paie la moitié par réduction de l’impôt sur le revenu. Ceux qui ont des revenus très faibles ont accès quasi-gratuitement à de bons services municipaux ou départementaux, ou à des associations très largement subventionnées. Mais ceux qui ne sont ni riches ni pauvres, comment vont-ils faire ? C’est là qu’intervient l’économie solidaire, qui offre des prestations de qualité à prix modérés.

Le commerce équitable est un autre exemple de solidarité entre les coopératives des pays pauvres et les consommateurs des pays riches.
Dernier exemple : le recyclage des déchets de notre civilisation gaspilleuse est une activité d’utilité publique qui n’intéresse pas encore les très grandes entreprises.

L’économie solidaire ira loin si chacun d’entre nous le veut et agit en conséquence. Le but de ce meeting n’est pas seulement d’adresser une supplique de plus aux candidats à la prochaine élection présidentielle. Il est surtout de nous pousser, chacun et chacune d’entre nous, à contribuer à l’essor de cette économie d’utilité publique.

Nous pouvons consommer autrement : acheter équitable, nous fournir en légumes des jardins de Cocagne, confier nos vêtements et machines usagés à des entreprises de recyclage. Chaque geste donnera du travail à un jeune en difficulté, à un adulte rattrapé, à une tontine africaine.
Nous pouvons épargner autrement. Edmond Maire en parlera plus longuement. L’épargne solidaire est un circuit court de la poche de chacun vers l’emploi de tous.
Nous pouvons compter sur la Caisse des Dépôts et Consignations, dont le directeur général a récemment rappelé que le financement de l’économie solidaire était une des six priorités de cette grande maison au service de l’intérêt général.
Nous pouvons compter sur les banques mutualistes.
Nous pouvons convaincre nos élus de pousser à la roue de l’économie solidaire. L’entretien des logements sociaux, le soin des jardins peuvent être confiés à des régies de quartiers. Y a-t-il une régie de quartier dans votre arrondissement ou dans votre ville ? Vos collectivités passent-elles des marchés à des entreprises solidaires ? Connaissez-vous la « Table de Cana » ou « Le monde gourmand » qui organisent des réceptions succulentes ?
Les départements ont un intérêt à la fois humain et financier à remettre au travail les RMIstes qu’ils ont désormais en charge. Connaissez-vous le plan départemental d’insertion ? Savez-vous combien de Rmistes ont, dans votre département, bénéficié d’un accompagnement social ou d’un accompagnement professionnel ?
Les Régions se sont mobilisées pour développer l’économie sociale et solidaire. Avez-vous été sur le site Internet de votre Région pour savoir ce qu’elle fait pour soutenir les Chambres régionales de l’économie sociale et solidaire, pour créer des centres de ressources, pour développer les financements et les formations  ?
Et l’État ? Il ne peut pas tout, mais il manquerait à ses devoirs s’il ne faisait rien, comme certains l’y incitent. L’État définit le cadre de l’économie solidaire, garantit les prêts, soutient les emplois pour personnes en difficulté. Demandons qu’il le fasse dans la durée, selon un plan pluriannuel, dans les contrats de projets qu’il est en train de négocier avec les Régions et les Départements.

L’économie solidaire est un grand projet de société, qui repose sur une élite, dans laquelle je vous convie à entrer. Il n’y a pas d’économie solidaire sans entrepreneurs solidaires. Tant de travailleurs sociaux, tant de diplômés d’écoles de commerce ont déjà décidé de passer à l’action, de mettre leur professionnalisme au service de leurs concitoyens les plus fragiles. Je connais leurs talents, moi qui vois agir les 260 salariés et les 800 bénévoles du Réseau France Active.
Ces entrepreneurs solidaires ont la rude tâche de diriger des entreprises dans un monde d’âpre concurrence et, en même temps, de consacrer du temps aux personnes en difficulté qu’ils emploient ou qu’ils servent.
Eux aussi ont besoin d’être accompagnés. Et je salue les milliers de dirigeants d’entreprises, de cadres, de syndicalistes, de retraités qui donnent bénévolement de leur temps pour épauler ces entreprises naissantes.
Soyons tous des entrepreneurs solidaires ! Soyons tous des bénévoles solidaires ! Longue vie à l’économie solidaire !


Christian Sautter,
Président de France Active

les fondamentaux
developpement durable
l'economique
culture
tourisme, loisirs et sports
société
education et formation
santé, sanitaire et social
médias

 

agenda


liens